Femmes libres

mercredi de 18H30 à 20H30

"Femmes libres,

Femmes qui se libèrent !

Femmes qui se révoltent !

Femmes qui luttent !

Femmes qui témoignent !

C’est Femmes Libres sur Radio libertaire !"

L’émission Femmes libres a pris naissance en mai 1986, date anniversaire de la Révolution espagnole. Ce titre a été choisi pour rendre hommage à l’organisation Mujeres libres (Femmes libres), créée en avril 1936 et regroupant plus de 20 000 femmes anarchistes espagnoles. Cette organisation avait pour but de "libérer les femmes du triple esclavage dont elles étaient victimes : esclaves de leur ignorance, esclaves en tant que productrices et esclaves en tant que femmes".

Les premières émissions furent consacrées à l’étude historique de cette organisation, mettant en relief l’énorme travail accompli sur fond de guerre, guerre à laquelle les femmes anarchistes espagnoles participaient activement. Très vite, je m’identifiais à leur combat, mené à partir d’une double prise de conscience  :

  • sociale et politique, aspirant à la libération de tous les opprimés
  • féministe, aspirant à la libération des femmes.

Il m’est donc apparu indispensable de créer dans une radio militante anarchiste, un espace de réflexion dont l’objet est l’étude de l’oppression spécifique des femmes dans une société patriarcale et capitaliste, basée sur l’autoritarisme masculin (pouvant également sévir dans les milieux libertaires) et des stratégies de défense, de dénonciation et de reconstruction, à la lumière de l’analyse des rapports sociaux de sexe.

Au cours de ces douze années, à raison de deux heures par semaine, de très nombreuses femmes et quelques hommes, sont venu-es débattre, témoigner de leurs luttes, de leurs recherches, de leurs expériences.

En règle générale, l’émission comprend trois parties  :

  • La première partie est consacrée aux rendez-vous militants, anarchistes et féministes : ce qui m’apparaît indispensable dans la mesure où pratiquement aucun média (non militant) ne se fait l’écho des manifestations anarchistes et féministes, qu’elles soient politiques ou culturelles.
  • Le deuxième partie consiste en une courte revue de presse. Il me semble intéressant d’analyser comment "la grande presse" rend compte ou pas de ce qui concerne les femmes. Il s’agit de transmettre un minimum d’informations à celles ou ceux qui n’ont pas accès à la presse féministe et, également, de prendre conscience du décalage qui peut exister entre les faits et leur diffusion. Il a fallu par exemple des mois de travail acharné des réseaux féministes internationaux pour que les viols massifs dont sont victimes les femmes de l’ex-Yougoslavie soient dénoncés et reconnus.
  • La troisième partie, la plus importante, est consacrée aux invitées. Des femmes, très rarement des hommes (ils sont rares à s’intéresser aux questions féministes) viennent parler de leurs travaux, de leurs recherches, de leurs actions et de leurs interrogations, ou plus simplement témoigner de leur oppression, au cours de débats toujours ouverts aux auditrices et aux auditeurs.

 Trois axes se dégagent :

  • Un premier, militant, rend compte du travail sur le terrain. Par exemple, lutte pour le droit à l’avortement et à la contraception, lutte contre les violences (femmes battues, incestes, viols, harcèlements sexuels, discriminations, exploitations,…), solidarité avec les femmes émigrées, les femmes d’ailleurs le pacifisme, l’anticléricalisme, l’antiracisme… En résumé, luttes pour la reconnaissance pleine et entière des femmes, dans une société plus juste et plus égalitaire.
  • Le deuxième, plus intellectuel, rend compte des analyses théoriques, des études féministes faites par des chercheuses (historiennes, sociologues, philosophes, scientifiques, etc.).
  • Le troisième volet, culturel, aborde la création : littérature, cinéma, arts plastiques, théâtre, chanson, etc.

Le tout, dans un contexte international, le féminisme, pas plus que l’anarchisme, n’ayant de frontière  !

En fait, à travers cette émission, je m’efforce de rendre visible, d’une part, l’immense misère des femmes sur l’ensemble de la planète, d’autre part, l’immense travail qu’elles accomplissent, travail que les différents pouvoirs continuent de s’approprier en le maintenant volontairement invisible, qu’il s’agisse du travail domestique, du travail de production et de reproduction, de luttes féministes, syndicales et politiques.

Je souhaite que cette information suscite une prise de conscience, une prise de confiance et un désir de lutter car n’oublions pas que si des femmes ont forcé le barrage de l’exclusion, "quand on cesse d’exclure, on discrimine" (Geneviève Fraisse). Par exemple : à travail égal, salaire inégal !

"Si l’égalité entre les sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine…" "Partout, l’homme souffre dans la société maudite, mais nulle douleur n’est comparable à celle des femmes…"

Ces deux phrases de Louise Michel pourraient servir de devise à l’émission : elles sont toujours d’actualité. Louise Michel avait dit aussi "Le pouvoir est maudit…" et les femmes aussi en savent quelque chose.

Nelly